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ENTRETIENS

Depuis 2017 j’interviewe pour la revue d’a des architectes importants du paysage national ou international par leur production ou leurs prises de position. Si l’on excepte la prériode de la pandémie où ces conversations ont été enregistrées en distanciel, je me suis toujours rendu dans les ateliers et les agences pour pouvoir observer quelques instant ces professionnels dans leur milieu, avant de commencer à parler avec eux. Ces entretiens sont des reconstructions de conversations à l’emporte-pièce dans lesquelles les phrases ne sont jamais achevées, la parole parfois impoliment coupée, la contraction insistante. Les questions passent du coq à l‘âne - certains s’en offusquent, Tadao Ando s’est levé pour partir - d’autres laissent s’établir des complicités et se livrent à certaines confidences... L’important étant de sortir du discours préfabriqué dans lequel la plupart des architectes se complaisent et que des choses soient vraiment dites. Des choses qui peuvent malheureusement être censurées lors de la relecture par l’intéressé ou son service de presse. Un travail d’écriture, même de mise de scène, commence ensuite. La parole de l’interviewer s’estompe pour que tout puisse se jouer, à quelques relances près, dans celle de l’interviewé comme si on l’entendait... Du chaos sonore originel nait un retour sur le parcours, une mise au jour des fondements parfois seulement implicites de la démarche, une réflexion sur les projets jugées les plus importants et leur réception et quelques anecdotes...

Après la visite de plusieurs interventions de RCR à Olot- une ville de plus de 30000 habitants, située au nord-ouest de Gérone - et dans ses environs, je pousse la porte d'une ancienne fonderie catalane construite par la famille Barberí au XVI siècle et occupée par leur agence depuis une quinzaine d'années. À peine entré, me voilà plongé dans un paysage qui semble échappé d'un film d'Andreï Tarkovski ; des trous circulaires remplis de terre dans lesquels étaient coulées les cloches en bronze, une grande flaque d'eau, une longue et étroite boîte de verre en partie enterrée dont la table et le sol sont uniformément jonchés de feuilles mortes, une haute étagère traversant le plafond et continuant à monter comme une échelle de Jacob... Après un passage aux toilettes, uniquement séparées de l'extérieur par un fin rideau, je dois protéger mes chaussures pour ne pas salir les plaques d'acier poli immaculées qui recouvrent le plancher de l'étage. Dans une vaste nef sombre et monacale un groupe d'architectes travaille à lumière vacillante de leurs ordinateurs. Enfin, toujours souriante, Carme Pigem - Pritzker 2017 avec Rafael Aranda et Ramon Vilalta - m'accueille pour revenir avec moi sur le parcours de l'agence.

LA TRAVERSÉE DES APPARENCES

 Entretien avec Carme Pigem - da n°313

À Madrid, en cette fin d’après-midi d’août, la ville est par endroits complètement déserte, la chaleur intense reste supportable mais la lumière est parfois si aveuglante qu’elle vous oblige à fermer les yeux. Je descends une venelle silencieuse à proximité du croisement de la Gran Vía et du Paseo del Prado et, comme convenu, je sonne au numéro 4. Aucune réponse… Après plusieurs essais, la porte s’entrouvre et Alberto Campo Baeza, que je n’avais jamais vu, me dit : « L’interphone est en panne. » Et il me prend dans ses bras, comme si nous nous connaissions de toute éternité.

QUE LA LUMIÈRE SOIT !

 Entretien avec Alberto Campo Baeza - da n°311

Alors que se prépare l’entretien en distanciel, j’essaie de rassembler tous mes souvenirs des constructions d’Álvaro Siza : un voyage au Portugal dans les années 1980 pour voir ses logements sociaux à Porto, d’autres plus récents pour le musée d’Art contemporain de Serralves, l’école d’architecture ou un pavillon de l’Exposition universelle de Lisbonne et, enfin, un séjour à Porto Alegre pour visiter la Fondation Iberê Camargo. Mais déjà mon écran témoigne d’une certaine fébrilité. Je reconnais intuitivement Anabela, son assistante, qui s’affaire avec d’autres collaborateurs masqués autour d’une chaise vide. Lentement, l’architecte de 87 ans s’en approche et vient s’y asseoir, devant de hautes piles de dossiers…

ÉCOUTER, VOIR

 Entretien avec Alvaro Siza - da n°291

Présentiel ou distantiel? Je choisis de m’enfoncer dans la rue d’Avron, toujours animée, pour marcher droit devant moi dans la nuit. Après la traversée toujours un peu anxieuse du périphérique, je parviens à Montreuil au 80, avenue de Paris, où Anne et Jean-Philippe m’attendent. Ils m’offrent de l’eau dans un verre en pyrex et nous nous dirigeons vers la table de réunion située à l’extrémité du plateau ouvert, où quelques collaborateurs s’affairent silencieusement sous les lumières bleues de leurs écrans. Nous conservons nos masques, ce qui n’empêche pas, hors micros, à la discussion de démarrer instantanément.

TRANSGRESSIONS LE VRAI CONFORT, C'EST LA LIBERTÉ

Entretien avec Lacaton & Vassal - da n°286

J’avais demandé à rencontrer Eduardo Souto de Moura lors de l’inauguration de la Comédie de Clermont-Ferrand, que nous vous avons présentée dans le numéro de d’a d’octobre 2020. Mais, souffrant, il n’avait pas pu se déplacer, ni voir son bâtiment terminé. Il m’a cependant accordé un entretien en visioconférence. Me voilà donc projeté sur l’écran de la salle de réunion de son agence à Porto, au-dessus d’une longue table où, face à deux collaborateurs masqués, il répond en français à mes questions.

« L’ARCHITECTE EST AVANT TOUT UN PRESTATAIRE DE SERVICES »

Entretien avec Eduardo Souto de Moura - da n°285

Non, cette fois-ci je ne retrouverais pas Bernard Tschumi au Rouquet, boulevard Saint-Germain, le café en partie réaménagé par son père dans les années 1950. La pandémie l’isole à New York. Mais c’est bien lui qui apparaît sur mon écran, devant une bibliothèque sombre et carrée laissant fuir d’un côté une perspective lumineuse

TRANSGRESSIONS

Entretien avec Bernard Tschumi - da n°284

À peine après avoir franchi le seuil de l’agence, je le reconnais, dans cet espace étrangement resserré, en train de travailler avec un collaborateur. J’essaie de l’approcher mais quelqu’un me fait signe de rebrousser chemin et de monter dans la salle de réunion du dernier étage où m’attendent Yukiko Chiche, la traductrice, et Monica Lebrao Sendra de l’Institut français. En me retournant, j’aperçois un gant de boxe en cuir rouge suspendu contre un mur gris de béton poli et je me hisse sur un escalier très étroit surplombant l’atrium de l’entrée. Son ascension ravive la sensation de vertige ressentie il y a très longtemps dans la maison La Roche de Le Corbusier, que je pensais avoir complètement oubliée…

L'ARCHITECTURE DE L'EXISTENCE

Entretien avec Tadao Ando - da n°282

Tout essoufflé par l’escalier, je pousse la porte du deuxième étage d’un petit immeuble de la Gerard Doustraat, à Amsterdam, et je pénètre dans l’agence d’Herman Hertzberger. Assis à une table banalisée parmi les autres collaborateurs en train de dessiner face à leur écran, un vieux monsieur se lève, vient vers moi, me regarde d’un air ému et me confie immédiatement, après les formules de politesse d’usage : « J’ai 87 ans et j’arrêterai de travailler quand je ne pourrai plus monter jusqu’ici… »

REPENSER LE LIEN DE L'INDIVIDU À LA COMMUNAUTÉ

Entretien avec Herman Hertzberger - da n°279

COMBATS SINGULIERS

Entretien avec Paulo Mendes da Rocha - da n°275

J’ai rendez-vous à São Paulo avec une proche de Paulo Mendes da Rocha pour visiter le Sesc 24 de Maio, une institution sociale et culturelle réalisée il y a deux ans. Helena Ayoub Silva me guide ensuite à travers les rues de ce quartier très actif vers le siège de l’Institut des architectes du Brésil, un immeuble moderniste datant des années 1950. Nous montons au cinquième étage, occupé depuis quarante ans par l’architecte vivant le plus respecté du Brésil. Il nous attend sur un plateau largement vitré, saturé de tables de travail désertées et de hauts meubles à plans sur lesquels se dressent de nombreuses maquettes d’études. Le Pritzker Prize de 91 ans m’invite avec une affabilité exquise à m’asseoir en face de lui et commence à me parler lentement en français.

Renzo Piano nous reçoit dans son agence à Paris, dans une pièce remplie de livres qui savent absorber les sons et où tombe une lumière égale, filtrée par une toile blanche. Des plantes, du mobilier de jardin viennent compléter le dispositif, tandis qu’à travers les cloisons vitrées nous voyons ses collaborateurs s’affairer dans une ambiance policée…

DE L'INTÉGRITÉ

Entretien avec Renzo Piano - da n°269

ENGENDRER L'ESPACE PAR LA STRUCTURE

Entretien avec Christian Kerez - da n°262

C’est à Berlin, dans le quartier alternatif et multiculturel de Kreuzberg où il s’est volontairement exilé, que nous retrouvons Christian Kerez. Il nous reçoit dans une longue galerie-atelier éclairée latéralement par deux rangées de fenêtres et traversée par un impressionnant pont roulant qui permet d’y hisser des charges depuis la cour. Ici, s’affairent une dizaine de stagiaires et de jeunes architectes venus du monde entier. Ils travaillent sur une vaste table de bois clair qui occupe la pièce sur presque toute sa longueur, entourés d’un paysage de maquettes d’études inachevées ou ruinées. Tirons le rideau, troisième élément essentiel de cet espace. L’entretien peut commencer.

Avec Pierre de Meuron, Jacques Herzog a su mettre au point un laboratoire d’architecture capable de concevoir une architecture qui reste aussi inven - tive que rigoureusement maîtrisée aux quatre coins du globe. Avec OMA et le Renzo Piano Buil - ding Workshop, les deux Bâlois et leur agence sont peut-être les seuls à avoir atteint cette taille sans se répéter ou avoir dilué leur talent. Nous inaugurons ce mois-ci une série de grands entretiens que nous avons a confiés à Richard Scoffier, qui est allé cet été à Bâle engager un dialogue avec Jacques Herzog.

LA RESPONSABILITÉ DE L’ARCHITECTE

Entretien avec Jacques Herzog - da n°258

© 2023 Richard Scoffier

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